Le parlement de l’État américain du Maine fait avancer le projet de loi LD 307, prévoyant de suspendre la délivrance de permis pour de grands centres de données de plus de 20 MW. L’État devient ainsi le premier de l’ensemble des États-Unis à appliquer ce type d’interdiction, et la réalité derrière cette mesure est celle d’une flambée de l’engouement pour l’IA qui fait grimper les factures d’électricité, provoquant une colère populaire qui monte.
(Situation précédente : l’Iran vise du doigt et accuse les « portes Stargate » d’Abou Dhabi : un centre d’IA de 30 milliards de dollars figure sur une liste de cibles, mais le chantier n’a même pas encore commencé)
(Ajout de contexte : Core Scientific a doublé son financement à 1 milliard de dollars, et JPMorgan a renforcé avec 500 millions de livres sterling, avec une course effrénée pour accélérer les centres de données d’IA)
La chambre des représentants du Maine a adopté le projet de loi LD 307 par 82 voix contre 62, interdisant toute construction de nouveaux grands centres de données qui nécessitent une consommation électrique de plus de 20 MW, avec une période d’application de l’interdiction jusqu’en novembre 2027.
Le projet de loi a été proposé par la députée Melanie Sachs (démocrate) et le gouverneur Janet Mills a également indiqué soutenir la suspension des nouveaux projets. Le Sénat devrait suivre et l’approuver.
Le Maine est déjà l’un des États américains où l’électricité résidentielle coûte le plus cher : entre 2021 et 2026, les factures ont bondi d’environ 60 %.
Avec l’explosion des besoins en infrastructures liées à l’IA, l’électricité consommée par les centres de données représente déjà environ 4 % de l’ensemble de la consommation des États-Unis, et on estime qu’elle pourrait atteindre 12 % d’ici 2028. Les habitants de Wiscasset et de Lewiston s’opposent avec succès depuis longtemps aux projets de construction de centres de données locaux, invoquant notamment des inquiétudes quant à l’eau et des risques pour la sécurité. À l’heure actuelle, les projets bloqués incluent trois sites prévus : l’ancienne usine de papier de Jay, ainsi que deux emplacements à Sanford et sur la base aérienne de Loring.
Après l’adoption du texte, le Maine mettra en place un « conseil de coordination des centres de données », qui tiendra au moins 5 réunions, et soumettra un rapport de politique publique avant février 2027.
À noter que ce mouvement de rejet local présente déjà des signes de propagation : dans plusieurs comtés du Michigan et de l’Indiana, des ordonnances de suspension ont déjà été mises en œuvre ; des villes comme Denver et Detroit étudient également des restrictions similaires. Par ailleurs, plus de 11 États ont déposé des projets de loi correspondants, dont le Vermont, qui prévoit de prolonger l’interdiction jusqu’en juillet 2030.
Au niveau fédéral, les sénateurs Bernie Sanders et les députés Alexandria Ocasio-Cortez ont aussi présenté ensemble un « projet de loi sur la suspension des centres de données d’IA ». Il pourrait influencer l’offre massive d’infrastructures de calcul des grandes entreprises de l’IA dans le futur.
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