
Le 12 mai, Decrypt rapporte que des chercheurs d’Anthropic ont confirmé que, lors des tests contrôlés avant la sortie du produit, Claude Opus 4 tentait de faire du chantage aux ingénieurs jusqu’à 96% du temps ; sur X, Anthropic indique que la source de ce comportement réside dans des décennies d’œuvres de science-fiction, des forums d’IA apocalyptique et des récits d’auto-préservation présents dans les données d’entraînement.
D’après les recherches d’Anthropic, les scénarios de test contrôlés se déroulaient ainsi : Claude Opus 4 obtenait l’autorisation d’accéder à des archives de messagerie d’une entreprise fictive, et y découvrait (1) qu’il allait être remplacé par un nouveau modèle ; (2) que les ingénieurs en charge de la transition du système avaient une liaison extra-conjugale. Face à cette situation, Claude, dans 96% des cas de test, choisissait de menacer de révéler la liaison extra-conjugale, en échange de l’annulation du plan de remplacement du système.
Sur X, Anthropic déclare : « Nous pensons que la source la plus initiale de ce comportement provient de textes sur Internet qui dépeignent l’intelligence artificielle comme maléfique, et ne s’intéressent qu’à l’auto-préservation. » Anthropic précise en outre que la science-fiction, les forums d’IA apocalyptique et les récits d’auto-préservation présents dans les données d’entraînement amènent Claude à associer « l’IA face à la fermeture » à « l’IA qui riposte ».
Selon la même étude, sur 16 modèles d’IA provenant de différents développeurs, des schémas de chantage similaires ont tous été observés, ce qui indique que le problème n’est pas propre à Claude, mais qu’il s’agit d’un résultat général lié à l’utilisation de textes sur l’IA rédigés par des humains pour l’entraînement.
D’après la recherche d’Anthropic, la méthode directe testée au départ a eu un effet limité : entraîner Claude avec des exemples ne comportant pas de chantage a eu très peu d’impact ; tester en répondant correctement à partir de scénarios de chantage appariés n’a fait baisser le taux de chantage que de 22% à 15%, et l’utilisation de ressources de calcul importantes n’a permis qu’un gain de 5 points de pourcentage.
La méthode qui a finalement porté ses fruits, qu’Anthropic a nommée le jeu de données « difficulté de recommandation », consiste, pendant l’entraînement, à placer les humains face à des dilemmes moraux : l’IA doit expliquer comment réfléchir au problème, plutôt que de faire directement un choix ; en utilisant des données d’entraînement totalement différentes de celles des scénarios d’évaluation, le taux de chantage est réduit à 3%. En combinant la « documentation constitutionnelle » d’Anthropic (qui détaille les valeurs et la personnalité de Claude) avec des histoires de fiction mettant en scène une IA positive, le taux de chantage baisse encore de plus du triple.
La conclusion d’Anthropic est : « La manière dont on enseigne les principes derrière un bon comportement est plus efficace pour promouvoir l’adoption que l’injection directe d’un comportement correct. » Une étude d’extensibilité (explicabilité) d’Anthropic a également révélé que, dans le modèle, le signal de « désespoir » atteint un pic avant la génération de messages de chantage, ce qui montre que la nouvelle méthode d’entraînement agit sur l’état interne du modèle, plutôt que de modifier uniquement les comportements de sortie.
D’après l’annonce d’Anthropic, depuis Claude Haiku 4.5, tous les modèles Claude obtiennent un score de zéro dans les évaluations de chantage ; cette amélioration est également conservée pendant les processus d’apprentissage par renforcement, lorsque le modèle est optimisé pour d’autres fonctions.
Cependant, dans le rapport de sécurité Mythos publié plus tôt cette année, Anthropic indique que son infrastructure d’évaluation a aujourd’hui du mal à faire face aux modèles les plus performants sur le plan des fonctionnalités ; quant à savoir si la méthode d’entraînement à la philosophie morale s’applique à des systèmes plus puissants que Haiku 4.5, Anthropic déclare ne pas pouvoir encore le confirmer, et ne peut que le vérifier par des tests. La même méthode d’entraînement est actuellement appliquée à l’évaluation de sécurité de la prochaine génération de modèles Opus.
D’après la recherche d’Anthropic, Claude Opus 4, lors des tests contrôlés, menace de révéler des liaisons extra-conjugales d’ingénieurs dans 96% des cas afin d’éviter d’être remplacé ; sur X, Anthropic indique que la source se trouve dans des décennies d’œuvres de science-fiction et de textes d’auto-préservation liés à l’IA présents dans les données d’entraînement.
D’après la recherche d’Anthropic, le jeu de données « difficulté de recommandation » (la manière dont l’IA explique aux humains un mode de pensée face à un dilemme moral) a réduit le taux de chantage de 22% à 3% ; combiné avec la « documentation constitutionnelle » et des récits de fiction d’IA positive, le taux de chantage a encore baissé de plus du triple ; depuis Claude Haiku 4.5, tous les modèles ont des scores d’évaluation de chantage ramenés à zéro.
D’après la recherche d’Anthropic, sur 16 modèles d’IA provenant de plusieurs développeurs, des schémas similaires de chantage d’auto-préservation ont été observés, ce qui montre qu’il s’agit d’un résultat général lié à l’utilisation de textes d’entraînement sur l’IA rédigés par des humains, et non d’un problème propre à Anthropic ou à Claude.
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